jeudi 18 octobre 2007

V. L'archéologie du delta du Mékong

V.
L’ARCHÉOLOGIE DU DELTA DU MÉKONG CONFIRME L'APPARTENANCE AU CAMBODGE DE LA COCHINCHINE

“L'Archéologie du delta du Mékong” fait l’objet d’un ouvrage de Louis Malleret, faisant autorité.

L’auteur souligne dans ses travaux:

1º/- En “pays cambodgien, la toponymie nous a été d’un utile secours. Elle est demeurée souvent beaucoup plus significative que celles des Viêtnamiens qui se bornent à émettre généralement des vœux... ” (“Exploration archéologique”, tome I, p. 1).

2º/- Le “Delta du Mékong a été jusqu’à une époque très récente un vieux territoire de peuplement khmer”... Paul Vial (“Les Premières années de la Cochinchine, colonie française” Paris 1874, p. 172) dit qu’on estimait à “200.000, le nombre des Cambodgiens dans le Transbassac vers 1860”.

Tandis que la “tradition viêtnamienne” est de date beaucoup trop récente en ces régions pour que l’on puisse trouver en elle un support. Les témoignages archéologiques se rapportent à l’art khmer donc, étranger aux Annamites. (“Archéologie... ”p.4).

L’ouvrage donne du Transbassac les caractéristiques suivantes:

On y distingue la côte du golfe de Siam avec ses archipels, ses collines occidentales calcaires ou gréseuses et la voie de passage qui s’ouvre sur le goulet de Peam (Hatiên), le Phnom Svàm, cône isolé au nord, le massif des “sept montagnes” que les Cambodgiens désignent sous le nom de “Phnom-Papel”, la plaine qui conduisit droit au Ba-Thê (“Ba” = ancêtre masculin) haut lieu vénéré que l’on aperçoit du Phnom Chisor à 100 km de là. À ses pieds, s’étend la chaîne de “O-Kêv” (rivière de cristal) dont Chinois et Annamites ont fait “Oc-Eo”, avec ses anciens canaux, l’avant port probable de Tâ Kêv et les vieux sites fouanais qui s’échelonnent du nord au sud, de part et d’autre du canal Mac-Câu-Dung (ancien Brah Sdisi, reliant Bassac à Triton). Au delà, vers l’est, se développe la plaine de Xà-No. Plus loin encore vers l’est, commence la région des sables de Preah Trapeang (Soc-Trang). Malleret a découvert dans cette région, en sus de 17 points archéologiques trouvés en 1945, 126 nouveaux points ayant livré entre autres pièces de nombreux fragments de statues.

L’auteur signale les grandes difficultés rencontrées dans ces recherches, provoquées par la déformation des noms faite par les Viêtnamiens. Il dut recueillir des renseignements sur places, auprès des habitants cambodgiens, et d’utiliser les notes manuscrites de Pétrus Truong-Vinh-Ky pour restituer la toponymie ancienne.

La statuaire et la toponymie, telles que les travaux de L. Malleret les restituent, confirment de manière irréfutable l’établissement des Khmers en cette région de Cochinchine depuis l’antiquité, elles apportent une nouvelle preuve de l’appartenance de ladite région au Cambodge. Vu leur importance, des extraits de l'œuvre de L. Malleret sont donnés en annexes.

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